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Vacances de la Toussaint : l’Alsace peut-elle attirer davantage de touristes?

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Longtemps marquée au fer rouge de l’épidémie, l’Alsace est pour le moment épargnée par les nouvelles restrictions réservées aux zones les plus touchées par la seconde vague, le couvre-feu sanitaire surtout. Cela peut-il encourager les touristes à venir prendre l’air chez nous cet automne?

Les vacances de la Toussaint, coincées entre congés d’été et magie de Noël, ne sont habituellement pas les plus dynamiques en Alsace. Mais dans la foulée d’un été propice aux escapades de proximité et en pleine nature, qui a plutôt souri au massif vosgien, et après les annonces d’Emmanuel Macron le 14 octobre, il y a peut-être l’espoir de voir arriver en dernière minute des touristes en recherche de grand air. L’Alsace reste hors des métropoles qui devront respecter un couvre-feu entre 21h et 6h, et, pour le moment, elle échappe au classement en zone d’alerte renforcée ou maximale.

“Nous avons eu quelques coups de fil ce matin, pour savoir s’il y aurait un couvre-feu à Kaysersberg… Mais entre une prise d’informations et une réservation, il y a de la marge!”, soupire Christophe Bergamini, le directeur de l’office de tourisme de la vallée de Kaysersberg. Il reste très prudent sur la période qui s’annonce. “Nous ne voyons pas venir une ruée vers chez nous. Je crois que les gens se réservent pour Noël, ils n’ont pas forcément les moyens de partir en vacances tout le temps… et en ont-ils envie, vu le contexte?” 

 

On a une carte à jouer, estime tout de même Marc Lévy, le directeur d’Alsace Destination Tourisme. Les vacances de la Toussaint arrivent tôt cette année, et c’est un atout : il peut faire beau encore, et les gens cherchent beaucoup les activités extérieures, on l’a vu cet été. Les gîtes, les logements chez l’habitant, s’en sortent plutôt bien… En ville, le fait qu’on ne soit pas impacté par le couvre-feu est aussi un argument, c’est sûr. On peut avoir des touristes qui établissent leur camp de base en ville, et ensuite rayonnent en milieu rural et profitent de nos activités de plein air.”

En quête de grand air

Un regain de visiteurs qui serait le bienvenu, car la rentrée, qui sourit habituellement à l’Alsace, a été morose. “Tous les groupes, les seniors, qui viennent en nombre à cette période de l’année, sont évidemment absents, explique Marc Lévy. Les hôteliers, les plus impactés par la crise, nous disent qu’octobre a été plutôt moins pire, mais ils restent dans l’embarras, leur été a été très très difficile.”

Depuis la mi-septembre, “après un été plutôt moins pire que craint”, la fréquentation est à l’image de la météo, tristounette, confirme à Kaysersrberg Christophe Bergmini : “nos activités de loisirs et de restauration marchent bien, mais avec des visites à la journée, l’hébergement, c’est très moyen.”

 

On s’est assez plaint d’être stigmatisé en début d’été comme zone rouge, on ne va pas maintenant se vanter d’aller moins mal, juste par stratégie de communication.

Christophe Bergamini, directeur de l’OT de Kaysersberg

Et la stratégie de ce professionnel du tourisme est clair : il ne s’agit pas de communiquer sur la situation sanitaire mieux contrôlée en Alsace. “On s’est assez plaint d’être stigmatisé en début d’été comme zone rouge, on ne va pas maintenant se vanter d’aller moins mal.” Sans compter que la situation évolue vite, et pas forcément dans le bon sens depuis le début du mois d’octobre.

La clientèle allemande frileuse

Une évolution qui freine beaucoup la clientèle allemande. Classé en zone à risque, le Grand Est va voir les conditions de circulation d’un côté et de l’autre du Rhin se durcir à partir du 17 octobre, suite aux décisions des autorités allemandes. “Nous avons eu une annulation d’un groupe de 25 personnes ce matin, soupire Thierry Hiniger depuis son auberge du Schantzwasen. Des Allemands… C’est un coup dur pour nous, ils avaient réservé pour toute une semaine.”

Ces vacances d’automne s’annonçaient jusque-là plutôt bien pour l’aubergiste de la vallée de Munster. Comme son été, qui a amené 20 à 25% de clientèle en plus. “Nous avons eu beaucoup de locaux, qui sont restés en Alsace. L’été a été beau, meilleur que d’habitude. Et là, jusqu’à cette annulation, nous étions plein pour la première semaine, on a même dû refuser du monde. Le week-end à venir, du 17-18 octobre est complet.”

Les Alsaciens profitent de leur région

Même son de cloche plus au sud de la région. Anne Hirth tient la ferme-auberge du Gresson, à Oberbrück, dans la vallée de Masevaux. “Nous avons effectivement vécu une bonne saison estivale. Là, pour l’automne, c’était plutôt mieux engagé que d’habitude… Nos chambres sont toutes réservées, les dortoirs en partie aussi pour la première semaine. Mais les Allemands vont-ils venir? Ce sont eux qui font la base de notre clientèle de randonneurs”. 

“C’est sûr que ce durcissement côté allemand est un vrai coup dur, confirme Marc Lévy, de l’ADT. Mais pour compenser, nous aurons aussi des Alsaciens qui, du coup, n’iront pas se faire un week-end en Forêt Noire ou une journée dans les thermes de Baden. Et ils choisiront peut-être alors de rester ici et de profiter de nos installations à nous.”

 

Les réservations de dernière minute sont une tendance de fond, qui s’est amplifiée avec la crise sanitaire.

Marc Lévy, directeur de l’ADT

Pour tous ces professionnels, l’éclaircie peur encore venir des réservations de dernière minute. Et, plus tard dans la saison, des week-ends de décembre. “Même sans marchés de Noël, je veux croire que les gens auront à ce moment-là envie de s’aérer, espère Christophe Bergamini. Et dans nos jolis villages alsaciens, décorés, avec un peu de chance dans la neige, la magie peut opérer…”

“Nous restons positifs,

affirme Marc Lévy. Pour les vacances de la Toussaint et pour décembre. Les réservations de dernière minute sont une tendance de fond depuis plusieurs années. Elle est évidemment renforcée par la crise sanitaire, les gens attendent jusqu’au bout avant de se décider.” Un relatif optimisme qui reste suspendu aux évolutions de l’épidémie. Mais cela, les professionnels du tourisme commencent malheureusement à en avoir l’habitude.

 



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