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les conséquences économiques de la fermeture des remontées mécaniques



Mercredi 20 janvier, le gouvernement risque d’annoncer que les stations de ski ne peuvent pas ouvrir, ce qui va entrainer de lourdes répercussions économiques dans les Vosges, à l’approche des vacances de février. A Gérardmer, les acteurs politiques et économiques sont inquiets.

Ouvriront ? Ouvriront pas ? Quelques heures avant l’annonce du gouvernement sur le sort des remontées mécaniques, mercredi 20 janvier 2021, les responsables politiques et économiques des Vosges sont plutôt résignés, à commencer par le maire (PS) de Gérardmer. « Les négociations sont en cours, mais on ne s’attend à rien de nouveau, déplore Stessy Speissmann. C’est encore un coup sur la tête. »

Un trou de 2,7 millions d’euros

Et même, un gros coup sur la tête. Février, c’est 80% des recettes de la station de Gérardmer, gérée en régie municipale. Le budget primitif de la commune tablait sur 2,7 millions d’euros de chiffre d’affaire. Des recettes vitales.

Déjà secoué par la crise sanitaire, l’équilibre du budget de la Ville est menacé. « Tous les investissements sont coupés, on réduit au strict minimum, prévient Stessy Speissmann. On va contenir le budget et devoir trouver ces 2,7 millions d’euros. » Sans toucher à la fiscalité pour l’instant. Le budget communal devait être bouclé vendredi 22 janvier, ce sera pour plus tard.

Les investissements sont réduits au strict minimum

Stessy Speissmann, maire (PS) de Gérardmer

L’opposition au conseil municipal appelle de ses voeux la réouverture de la station, mais alerte sur les risques.  « Avec les aléas climatiques et, de surcroît, en période de crise sanitaire, la régie ski n’atteint pas sa rentabilité« , explique André Jacquelin, conseiller municipal d’opposition (divers droite). Pendant la campagne des municipales, la liste menée par Bernard Caël annonçait vouloir stopper les investissements dans la station de ski.

Fréquentation record

Les chiffres de l’épidémie ne sont pas bons. Au 15 janvier, le taux d’incidence du Covid-19 est de 197 dans les Vosges, de 188 au niveau national. Alors le gouvernement maintient sa décision de fermer les remontées mécaniques, pour éviter le brassage des populations et des rassemblements. Un verdict incompréhensible pour Stessy Speissmann, également vice-président de l’association nationale des maires des stations de montagne. « Ça ne tient pas, s’émeut l’élu local. Les gens viennent quand même à Gérardmer, et s’agglutinent sur le front de neige [le bas de la station, ndlr] plutôt que de se répartir sur les 40 km de pistes du domaine. » 

Avec la neige tombée en abondance depuis la fin de l’année 2020, Gérardmer fait le plein : près de 100% de taux d’occupation dans les hôtels et hébergements de vacances entre Noël et la fin des vacances d’hiver. Et les week-ends de janvier n’ont pas dérogé à la règle. « Sur les bords du lac, on se serait cru un 14 juillet ! affirme Stessy Speissmann. Avec la station ouverte, on aurait explosé les records, c’est plus que rageant. » Le maire de Gérardmer fait le pari d’une fréquentation importante de la station vosgienne pendant les vacances de février, remontées mécaniques ou pas.

Vacances et couvre-feu

Pour l’instant, les touristes ont l’air d’attendre le dernier moment pour réserver leur séjour en février. Le taux de réservation est d’environ 20% dans les hôtels de la Perle des Vosges, d’après le Groupement hôtelier de Gérardmer, 40% si on inclut les locations de tourisme, type chalet. « La clientèle de février vient pour le ski, assure le président des hôteliers-restaurateurs gérômois, François Cornil. Je pense que ça ne sera pas aussi euphorique qu’à Noël. » Le couvre-feu avancé à 18h va également refroidir les touristes. Manger un plat à emporter, le soir dans sa chambre d’hôtel, n’a rien d’engageant. 

C’est surtout l’incertitude qui inquiète les hôteliers. « D’ordinaire, j’embauche trois saisonniers qui viennent du lycée hôtelier, raconte François Cornil. Pas cet hiver. » 

250 saisonniers

La non-ouverture des remontées mécaniques concerne 250 emplois saisonniers à Gérardmer, selon le maire. Une centaine directement embauchés à la station, et 150 dans les commerces de la ville. Aux premières loges, il y a les professionnels du ski, les moniteurs. Samedi 16 janvier 2021, ils s’étaient mobilisés pour alerter sur leur situation.

Dans les locations de matériel de sport d’hiver, l’activité est là, mais l’impossibilité de faire du ski alpin se fait sentir. « On n’a jamais fait aussi bien sur les skis de fond, confirme Stéphanie Derexel, gérante des Skis L’eclair. Mais le chiffre n’est pas aussi bon que dans une année normale. Le matériel de ski alpin reste plus cher. » Une activité plait cette année : les randonnées en raquettes. « Les week-ends, on loue tout le stock. A 10h du matin, il n’y a plus rien. »

Cet hiver, les clients sont même prêts à investir dans l’achat de skis de fond. Encore faut-il que la neige soit toujours au rendez-vous pour le reste de la saison.

 



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