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J’ai testé pour vous le “guide du déconfiné” de l’office de tourisme de Strasbourg

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Sa ville, on la connaît, ou du moins, on pense la connaître. Les monuments et les jolies ruelles font partie du décor quotidien. Ils semblent immuables, et on passe devant ou à travers en les voyant mais sans plus les regarder, les yeux, en prime, vissés sur le téléphone.

C’est un trait caractéristique du citadin au 21e siècle, et je m’inclus volontiers dedans. A Strasbourg pourtant, il y en a des choses à voir. Beaucoup de choses qui, même quand on y vit depuis six ans, restent cachées. 

Connaît-on vraiment Strasbourg?

Le monde d’après commence peut-être là, au coin de notre rue, sur des sentiers battus et pavés que l’on cherche à se réapproprier. C’est un peu la même idée qu’a eue l’office de tourisme de la ville, en proposant depuis la fin du confinement des circuits au coeur de Strasbourg. 1h30 de balade en famille ou entre amis, à choisir sur le site via la page internet le “guide du déconfiné”. Des points d’étape, des explications à lire ou à écouter et des cartes interactives à imprimer ou à consulter sur son smartphone: tout est fait pour donner envie.

Compenser une offre touristique qui reste pauvre
Sophie Balland, office de tourisme de Strasbourg

“Pendant la période de confinement, on a posté des visites virtuelles de Strasbourg, et ça a très bien marché sur les réseaux, plus que nos publications habituelles, relève Sophie Balland, chargée de communication à l’office de tourisme.
 

Le médaillon de Mozart, sur la façade de l'Aubette, place Kléber. / © Office de tourisme de Strasbourg.
Le médaillon de Mozart, sur la façade de l’Aubette, place Kléber. / © Office de tourisme de Strasbourg.

On a voulu poursuivre l’expérience avec le déconfinement, pour compenser aussi l’offre touristique, en termes de musée notamment, qui reste pauvre. Pour cela, on a fait appel à des guides”, ajoute-t-elle.

Aussitôt dit, aussitôt fait, j’opte pour le circuit “Sur les pas de Mozart”, par curiosité et masque sur le nez, arrêté municipal oblige. Un arrêté dont nous vous avons détaillé les modalités ce jeudi 21 mai:
 

Début du parcours, sur la place de la cathédrale. Pouvait-il en être autrement? C’est là que le compositeur admire les orgues, refaites à neuf en 1716. En toute franchise, je ne savais pas que Mozart avait mis les pieds à Strasbourg dans sa courte existence, et c’est donc avec une immense surprise que je découvre qu’il a bien failli s’y installer pour de bon.
 

Mozart à Strasbourg, vous saviez? N'oubliez pas votre masque pour arpenter les rues du centre-ville. On sourit avec les yeux. / © Loic Schaeffer/ France 3.
Mozart à Strasbourg, vous saviez? N’oubliez pas votre masque pour arpenter les rues du centre-ville. On sourit avec les yeux. / © Loic Schaeffer/ France 3.

Devant le palais Rohan, siège des princes cardinaux, j’apprends en effet que le virtuose, qui a séjourné en ville en 1778, lorgnait sur la place de maître de chapelle. Il repartira finalement à Salzbourg, après avoir donné plusieurs concerts, dont un notamment du côté de l’église Saint-Thomas.

“On passe souvent dans une rue parce qu’il y a un bar qu’on aime bien, pour se rendre au travail ou parce qu’un ami y habite. On passe à côté de plein de choses. C’est aussi ça le but du guide, de s’arrêter, de lever les yeux. On s’adresse d’abord aux Strasbourgeois et aux Alsaciens”, explique Sophie Balland, avant peut-être des touristes d’autres horizons. 

Qui a déjà remarqué l’arquebusier place de l’Homme-de-Fer?

A ce propos, un circuit dans la grande île décline 23 enseignes d’anciennes auberges, de restaurants et autres petits commerces. Pour être dense, c’est dense. Pourtant, je leur prête rarement attention. C’est vrai que je ne passe pas tous les jours dans la confidentielle rue de l’ail pour y contempler le panneau sculpté de la “maison aux lièvres”. Mais quand ai-je pour la dernière fois pris la peine de lever la tête, place de l’Homme de fer, pour dire bonjour à l’arquebusier qui monte la garde fièrement au-dessus de la pharmacie? Euh… joker.

Sur Twitter, l’Office de tourisme de Strasbourg partage tous ses circuits. Ici, celui “dédié aux enseignes”:

D’ailleurs, moi qui prends souvent le train et suis donc par définition pressé, je n’ai jamais pris la peine d’observer les deux sculptures, l’une symbolisant le commerce, l’autre l’industrie, qui trônent sur l’une des façades du hall des voyageurs. Beaucoup de passagers les côtoient chaque jour et se contentent sans doute, comme moi, de les ignorer.
 

L'une des statues de la gare de Strasbourg, au coeur du hall central. / © Loic Schaeffer/ France 3.
L’une des statues de la gare de Strasbourg, au coeur du hall central. / © Loic Schaeffer/ France 3.

La gare centrale, comme bien d’autres édifices du secteur où j’habite, comme les Halles ou le siège du Gaz de Strasbourg, regorgent de petites histoires qui vous sont contées tout au long du parcours dénommé “Sur les traces d’un patrimoine industriel”.

Même les plus férus d’histoire ou les plus strasbourgeois des Strasbourgeois sont invités, y compris sur le circuit qui donne la part belle aux classiques, de la cathédrale à la statue de Gutenberg en faisant un crochet par la place Kléber. Croyez-moi, vous ne serez pas déçus.

Profiter de la ville, sans faire la queue, sans être confiné

“Pour une grande ville, c’est un vrai défi de réussir à faire venir les gens actuellement. Ils sont plutôt en quête de sorties en pleine nature. Mais à Strasbourg aussi, on peut s’émerveiller en plein air sans entrer dans un endroit confiné ou faire la queue. Le patrimoine est un atout à mettre en avant.”

On va inclure les quartiers autour du centre
Sophie Balland, office de tourisme de Strasbourg

Bonne nouvelle, le “guide du déconfiné” sera enrichi chaque semaine par une, voire deux balade(s). “L’idée, c’est d’inclure aussi les quartiers hors du centre”, précise Sophie Balland, qui a notamment un circuit en cours d’élaboration autour de la mythologie gréco-romaine.

Si, si, à Strasbourg. Ça non plus, je ne l’aurais pas parié. J’ai déjà pris rendez-vous. Vous aussi? 



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