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Déconfinement – Charleville-Mézières : trois idées pour s’aérer dans un rayon de 100 km

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Le lundi 11 mai, chacun pourra se déplacer sans attestation dans un rayon de 100 km autour de son domicile. Autour de Charleville-Mézières, malheureusement, le cercle d’un rayon de 100 km couvre une bonne partie de la Belgique et du Luxembourg et il ne sera pas possible pour les Ardennais de franchir les frontières en toute liberté. 

Le 7 mai, en effet, la préfecture des Ardennes nous précisait : “A ce stade et après le 11 mai, le franchissement des frontières n’est pas possible pour aller faire ses courses ou pour toute activité de loisirs. Seront autorisés les passages pour la scolarisation d’un enfant, un rendez-vous médical ou s’occuper d’une personne âgée vulnérable, ou encore un motif professionnel, comme c’est le cas actuellement (pendant la période de confinement, ndlr)“.

Les Carolo-Macériens devront donc se tourner plutôt vers les zones délimitées par Maubeuge, Reims et Laon à l’ouest, Sedan et Verdun à l’est. Ce début de déconfinement sera néanmoins l’occasion de voir ses proches, ses amis, sa famille (dans la limite de 10 personnes maximum en même temps) mais aussi de prendre l’air. Une bonne façon de découvrir ou re-découvrir les merveilles proches de chez soi. Voici donc trois idées de sorties à faire seul, en couple, en famille ou entre amis dans un rayon de 100 km autour de Charleville-Mézières.

1. Rando + Maroilles, le combo gagnant ! 

Il se trouve qu’à environ 75 kilomètres de Charleville se trouve le Parc naturel régional de l’Avesnois, au sud du département du Nord (!). Imaginez : des paysages de bocage avec leurs haies pleines de biodiversité, des forêts de feuillus qui côtoient les vergers en fleurs ou en fruits, des rivières qui s’écoulent dans les prairies et rappellent de leurs teintes bleutées les pierres des moulins et des oratoires…

Si à Charleville et dans les Ardennes, on parle de pierre de soleil ou de pierre de Dom, pour sa jolie teinte ocre, dans le Nord en effet, la pierre locale rappelle la couleur du ciel… Quand il fait beau. Cette pierre bleue est en effet caractéristique du bâti de la région wallonne belge et s’invite tout naturellement dans ce territoire.
 

Vue sur le village de Maroilles dans le Nord. / © Jean-Marc Quinet / MaxPPP
Vue sur le village de Maroilles dans le Nord. / © Jean-Marc Quinet / MaxPPP

D’ailleurs, une jolie randonnée la met à l’honneur dans le Parc naturel régional de l’Avesnois : le circuit de la pierre bleue de Wallers-en-Fagne. Un parcours facile d’une durée moyenne de 1h15 qui nous emmène découvrir des constructions toutes plus pittoresques les unes que les autres. Le coin propose d’ailleurs de très nombreux circuits de randonnées à pied, de différents niveaux et tous répertoriés sur carte sur le site Internet du tourisme en Avesnois.

Pour ceux qui préfèrent le vélo, et particulièrement le VTT, pourquoi ne pas revêtir ses habits de chenapan et suivre le circuit des galopins au départ de Anor ? 1h30 de VTT accessible à tous, toute l’année, et qui ne cesse de longer étangs, rivières et cascades…

Mais attention ! Il n’y a pas que la pierre qui est bleue dans l’Avesnois : les vaches aussi le sont ! On les appelle les Bleues du Nord à cause de leurs robes tachetées de gris, de bleu ou de noir. Elle se cachent dans les bocages que vous traverserez en promenade. L’une d’elle, nommée Imminence, a même été la star du salon de l’agriculture 2019 !
 

Ce sont d’ailleurs elles, même si elles ne sont qu’un peu plus de 500, qui produisent le lait pour le Maroilles. Impossible donc de ne pas agrémenter son goûter ou son pique-nique de ce fromage qualifié de “plus fin des fromages forts”. Le village de Maroilles se situe d’ailleurs au sein du Parc et permet de faire une pause gourmande. De quoi agrémenter d’orange cette journée bleutée… 
 

2. Chasse au trésor en Argonne

Dense et épaisse, entrecoupée de larges clairières et de gorges escarpées, la forêt d’Argonne sait sans conteste envelopper le promeneur de mystère. La faune y est riche et variée sur terre, dans l’air mais aussi sous l’eau, puisque de nombreux étangs parsèment le territoire.
 

Une "cache" de geocaching, trouvée en forêt. Le geocaching est une discipline qui mêle chasse au trésor au GPS et course d'orientation. / © Patrick Pleul / MaxPPP
Une “cache” de geocaching, trouvée en forêt. Le geocaching est une discipline qui mêle chasse au trésor au GPS et course d’orientation. / © Patrick Pleul / MaxPPP

De quoi en faire un terrain de jeu idéal pour une chasse au trésor. D’ailleurs, depuis plusieurs années, l’Argonne est devenue une terre de geocaching. Cette discipline, gratuite et accessible à tous mélange course d’orientation et chasse au trésor moderne, le tout au rythme qui vous conviendra le mieux. Le principe est simple : des caches, sortes de petits boîtiers de toutes formes contenant de petits objets, sont disséminées un peu partout dans la forêt. Après avoir trouvé les coordonnées GPS de ces caches sur le site internet qui les recense au niveau mondial, (nécéssite la création d’un compte gratuit) vous partez en promenade, armé de votre GPS, et vous rendez de cache en cache. A chaque fois, une signature sur un carnet vous permettra de laisser une trace de votre passage.
 
En Argonne, 3 parcours sont proposés pour découvrir des caches tout en suivant un fil rouge :

  • le centre-ville de Sainte-Ménehould avec la Butte du Château, la Sainte, Dom Pérignon et les jardins de l’hôpital.
  • Valmy 1792 pour découvrir pourquoi ce site fut le champ de bataille qui a vu s’opposer les armées françaises et prussiennes au niveau du célèbre moulin.
  • Au fil de l’Aisne, où une série de caches vous fait découvrir l’Aisne et ses rives dans Sainte Ménehould. 

Des GPS sont d’ailleurs à louer à l’Aquarelle, le centre aquatique, ou au musée-médiathèque-cyberespace de Sainte-Ménehould pour la journée à la journée ou la demi-journée. Bien sûr, il est aussi possible de découvrir les centaines d’autres caches du territoire par vos propres moyens, mais il faut dans ce cas avoir un minimum d’expérience de course d’orientation !
 
Enfin, n’hésitez pas à créer votre propre chasse au trésor en pays d’Argonne, en suivant les nombreux circuits balisés et en comptant pourquoi pas, au fur  et à mesure de vos pérégrinations, les arbres remarquables comme le “roi de Rome” en forêt de la Haute-Chevauchée ou le “Chêne creux” à la Grange-aux-Bois ou encore, les fontaines et lavoirs.

3. Connaissez-vous vraiment le Chemin des Dames? 

Vue sur les paysages du Chemin des Dames à Cerny-en-Loannois / © Etienne Laurent / MaxPPP
Vue sur les paysages du Chemin des Dames à Cerny-en-Loannois / © Etienne Laurent / MaxPPP

A la limite du rayon de 100 km autour de Charleville-Mézières, non loin de Soissons, se trouve le village de Laffaux. 149 habitants aujourd’hui, calme, paisible, entouré de verdure. Mais il en était autrement lors de la Grande Guerre ! De 1914 à 1918, ce village, comme de nombreux autres situé sur le Chemin des Dames a fait partie de l’un des fronts les plus importants du conflit. Nous vous conseillons de débuter votre visite par Laffaux, pour ne pas sortir des 100 km, puis de revenir sur vos pas en suivant l’itinéraire de la carte ci-dessous.

Créneaux de la mémoire, ici nous accoudâmes Nos désirs de vingt ans au ciel en porte à faux. Ce n’était pas l’amour, mais le Chemin des Dames, Voyageur, souviens-toi du moulin de Laffaux
Louis Aragon, Plus belle que les larmes, Les Yeux d’Elsa, 1945
 

Si donc, vous comptez dédier une journée à parcourir en voiture le Chemin des Dames, c’est alors à une plongée dans l’histoire que vous devez vous préparer : celle des champs de bataille qui ont aujourd’hui recouvré beauté et sérénité. Celle de ses hommes et ses femmes, aussi, qui ont combattu ou tenu l’arrière, et dont la mémoire est présente à chaque virage. 
 

Votre périple vous fera passer ou vous arrêter sur des hauts lieux de batailles entre troupes françaises et allemandes : le moulin de Laffaux, le Fort de la Malmaison, Cerny-en-Laonnois où se tient aujourd’hui un mémorial, la ferme d’Hurtebise, le plateau de Californie, le Vieux-Craonne, Berry-au-Bac et la Cote 108, décrite ainsi par le Général Élie de Riols de Fonclare, en 1915 : “On voit au premier coup d’œil que cette colline est étrange. Des interventions humaines lui ont enlevé sa forme primitive et, sur sa surface dévastée et mise à nu par le fer, il ne reste même pas un brin d’herbe desséché. Pour rompre l’affreuse monotonie du labourage infernal auquel elle a été soumise, apparaissent seulement la couleur fanée d’une étoffe qui a été un sac de sable ou les crevasses jaunâtres produites par l’éclatement des obus explosifs”. (La Cote 108 près de Berry-au-Bac et la guerre des mines)

L’émotion sera bien présente tout au long du parcours, quand vous tenterez de vous replonger dans cette histoire qui nous est commune à tous, mais qui est déjà si loin, les yeux rivés sur les paysages reformés par la guerre, et qui constituent la crête de ce plateau crayeux entre Laon, Soissons et Reims. Le Chemin des Dames, un nom poétique en l’honneur des filles de Louis XV, Victoire et Adelaïde, mais qui fut si souvent synonyme de cauchemars.
 

N’hésitez pas, dans tous les cas, à jeter un coup d’œil avant votre départ sur le document à la fois simple et empli d’archives, proposé par le site dédié du Conseil départemental de l’Aisne. Et si la ballade vous a plu, sachez qu’il existe le même type de circuit qui vous emmènera cette fois à la découverte de ces villages détruits, dont peu de maisons sont encore debout, mais qui ont conservé toute leur âme.

Retrouvez sur la carte ci-dessous les trois espaces que nous vous proposons de découvrir. N’hésitez pas à cliquer sur les photos pour obtenir plus d’informations et les itinéraires pour vous y rendre ! 
 



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