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A Troyes, avec le toutourisme, l’accueil des touristes concerne aussi leurs animaux de compagnie

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À la fois un enjeu de civisme et d’accueil, le “toutourisme” a été créé à Troyes en 2007. Ce label consiste à accueillir le mieux possible maître et compagnons à quatre pattes. Treize ans plus tard, près de 25 offices de tourisme le revendiquent en France et au Canada. 

Deux gamelles remplies d’eau cerclées d’un panneau bleu et blanc d’un mètre de hauteur. À l’entrée de l’office du tourisme de Troyes, le “toutoubar” laisse rarement indifférent. Une jeune femme s’exclame “trop mignon” en prenant une photo. Derrière elle, ils sont nombreux à y jeter un oeil, intrigués.

Depuis treize ans, l’accueil des canidés est un sujet qui a acquis ses lettres de noblesse et conquis un certain public dans la ville auboise. Une gourmandise, un plan de la ville et de quoi laisser place nette après son passage… le kit d’accueil de propriétaires de chiens est distribué dans un sac en papier estampillé “toutourisme” par l’office du tourisme de Troyes. 

 

Propreté et accueil adapté

Tout a commencé dans les années 2000, quand le directeur de Troyes la Champagne Tourisme a dressé un constat. Coureur matinal, le Troyen d’adoption ne comprend pas les critiques qui sont faites à sa ville, à savoir que les déjections canines rendent les rues sales. À l’époque, “30% des plaintes que nous recevions à l’office concernaient ce problème, se souvient Nicolas Villiers. Dix ans plus tard, le chiffre est descendu à 3%.”
 

Nicolas Villiers est directeur de Troyes la Champagne Tourisme

Nicolas Villiers est directeur de Troyes la Champagne Tourisme

© Florence Morel / FTV

Même si les chiffres sont aujourd’hui au rendez-vous, le moins que l’on puise dire, c’est que fonder le label n’a pas été de tout repos. Nicolas Villiers et son équipe ont dû faire face aux sarcasmes et aux critiques parfois violentes de la part de blogueurs locaux. “Notre meilleure réponse, ça a été les témoignages des toutouristes, qui sont passés au sein de notre structure et de l’engouement que cela a généré auprès de la presse nationale et internationale, lâche le directeur, sans amertume. C’est ce qui nous a permis d’obtenir une certaine crédibilité vis-à-vis des locaux, de nos élus et des plus sceptiques.”
 

En France, il existe peu d’études concernant les animaux de compagnie. Selon une enquête en ligne Ipsos auprès de propriétaires de chiens et de chats, ceux qui ont adopté des canidés sont  44% à déclarer partir toujours en vacances avec leur animal. Dans une thèse présentée à l’université de Toulouse, un doctorant estime qu’en 2014, près de 20% des foyers français comptent un toutou. Même si ce chiffre est en baisse depuis les années 1960, les demandes de touristes, elles, augmentent. “Nous avions de plus en plus de demandes au comptoir de propriétaires d’animaux qui arrivaient et qui, malheureusement après plusieurs heures de voiture, voulaient réserver des hôtels acceptant les animaux de compagnie qui étaient complets”, se remémore Nicolas Villiers.

À l’hôtel de la Poste, à quelques pas de l’office du tourisme, l’équipe partage le même constat. Désormais, 50% des clients viennent accompagnés de leur animal, chien ou chat. Théodora Duong a minutieusement préparé de quoi accueillir un compagnon à quatre pattes : une écuelle d’eau, un jouet, un bonbon, le plan de la ville et le fameux sac pour ramasser les déjections… et surtout, pas une odeur de passage de nos amis, qui peuvent parfois laisser quelques signes olfactifs de leur séjour. 

 

Théodora Duong travail à l'hôtel de la Poste de Troyes depuis 2013

Théodora Duong travail à l’hôtel de la Poste de Troyes depuis 2013

© Florence Morel / FTV

 

“La différence, c’est la petite attention”

Plus que toléré, le chien est accueilli. “La différence, c’est de leur offrir cette petite attention. Généralement, quand vous vous déplacez dans les hôtels, vous payez un supplément pour tolérer la présence de l’animal et générer un service de nettoyage, mais là, on leur accorde quand même une petite attention”, détaille-t-elle. Une “petite attention” chiffrée à 10 euros de supplément par chambre dans l’établissement. “De manière générale, il y a également une sensation de la part des propriétaires d’être accueillis et pas seulement acceptés. Tout cela fait que le chien a de quoi se désaltérer, donc il va avoir une meilleure attitude. Un sentiment de plénitude s’instaure”, ajoute Nicolas Villiers.

“C’est quelque chose qui est en train de se développer, parce que chaque ville est confrontée aux mêmes problématiques que les nôtres”, a constaté au fil des années le directeur de l’office du tourisme. Depuis 2007, le concept a séduit en France ainsi qu’au Québec. D’ailleurs, quand un office du tourisme canadien a contacté les Troyens pour exploiter la marque localement, “c’était un peu la panique pour tout le monde”, sourit Nicolas Villiers. L’équipe de 15 personnes se lance dans des problématiques techniques, à coup de brevets et certifications d’organismes spécialisés. Et le directeur de conclure : “De fil en aiguille, nous nous retrouvons avec 25 offices du tourisme qui sont répartis sur tout le territoire français.” 

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