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à Rocquigny, la commune a le projet de restaurer la maison de Jean Mermoz

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C’est un projet patrimonial, mémoriel et touristique. La restauration de la grande bâtisse acquise en 1934, par Jean Mermoz va faire l’objet du soutien de la Fondation du Patrimoine. Une manière de sauver une part de patrimoine, d’honorer la mémoire du grand aviateur et de dynamiser le tourisme.

A un peu plus de cinq kilomètres de Chaumont-Porcien, dans le département des Ardennes, Rocquigny, qui réunit quatre villages, devrait prochainement pouvoir concrétiser un projet soutenu depuis plusieurs années, par l’association “Racines de Jean Mermoz”, créée en novembre 2006. La grosse maison de maître, que tout le monde appelle ici, “le château”, va recevoir, officiellement, d’ici la fin du printemps, le soutien de la Fondation du Patrimoine.

C’est une belle maison de briques rouges, sur trois niveaux, avec quatre grandes cheminées, des dépendances et un parc de trois hectares“, raconte Bernard Valent. Il est le président de l’association “Racines de Jean Mermoz”. “Cette association regroupe quelque quarante adhérents, pas seulement dans le département des Ardennes, mais dans toute la France, car Mermoz a des fans, partout“, précise-t-il. Leur ambition est de redonner vie à la grande bâtisse que le célèbre aviateur avait achetée pour sa mère.

"Le château" de Rocquigny, et son parc.

“Le château” de Rocquigny, et son parc.

© Michel Triquet.

Il était à la pointe de l’aviation de l’époque. Il fallait oser ce qu’il a fait.

Serge Labie, maire de Rocquigny.

Une figure dans les mémoires du village

Christian Thullier est le délégué départemental de la Fondation du Patrimoine, dans les Ardennes. Cette maison, il la connaissait, et c’est lui qui a contacté le maire de la commune pour proposer le soutien de la Fondation du Patrimoine, à cette opération de restauration. “Heureusement, dit-il, la commune avait protégé la toiture des fuites, et du lierre qui déstabilisait les murs. C’est un beau bâtiment, de la fin du 19ème siècle doté d’un bel escalier central”.

Pas question de s’intéresser à l’engagement politique de celui qui fut membre fondateur et vice-président du Parti Social Français. “On ne ressort pas le passé“, indique Christian Thullier. “Aujourd’hui ne subsiste que l’aventurier, le baroudeur“. L’aviateur qui est entré dans la légende a d’ailleurs laissé des souvenirs aux anciens du secteur. “Il a marqué le pays. Les vieux en parlaient. Il venait atterrir dans les pâtures, dans le coin. Certains racontaient avoir volé avec lui, car il les emmenait faire un tour”.

Le président, le vice-président de l'association "Racines de Jean Mermoz" et le maire de Rocquigny.

Le président, le vice-président de l’association “Racines de Jean Mermoz” et le maire de Rocquigny.

© Michel Triquet.

Une enfance au pays

Jean Mermoz est né en décembre 1901, à Aubenton, dans le département tout proche de l’Aisne. Mais c’est dans les Ardennes qu’il va grandir, à Mainbressy, commune associée à Rocquigny, dans la demeure de ses grands-parents, jusqu’à l’âge de douze ans. Cette maison, construite en 1874, au cœur du village de Rocquigny, sur la place centrale qui porte son nom, il l’a achetée pour sa mère, en 1934, pour sa retraite. Seulement, la maman de celui qui avait le surnom de l’Archange la revendit dans les années 50, bien après la disparition du pilote dans l’océan Atlantique, le 7 décembre 1936, à bord de l’hydravion, le “Croix-du-Sud”.

Aujourd’hui, les grands-parents, la famille Gillet, et la mère de ce héros de l’aéropostale, reposent au cimetière de Rocquigny. Dans le village, sa figure est une fierté. “C’est valorisant“, dit le maire, Serge Labie. “Il était à la pointe de l’aviation de l’époque. Il fallait oser tout ce qu’il a fait”, explique-t-il avec admiration. C’est la mairie qui est aujourd’hui propriétaire de cette demeure de 400 mètres carrés. Une construction qu’il faut remettre en état.

La chambre de Jean Mermoz, telle qu'elle est aujourd'hui.

La chambre de Jean Mermoz, telle qu’elle est aujourd’hui.

© Michel Triquet.

Les vieux en parlaient. Il venait atterrir dans les pâtures, dans le coin. Certains racontaient avoir volé avec lui, car il les emmenait faire un tour.

Christian Thullier, délégué départemental des Ardennes de la Fondation du Patrimoine.

Sauvée de l’abandon

C’est Jean-Paul Bachy, alors Président de la Région Champagne-Ardenne, qui avait, il y a environ dix ans, accordé des subventions au village, pour procéder au sauvetage de cette bâtisse carrée, à l’époque, à l’abandon. “Il y a la maison“, explique le maire, “mais aussi les dépendances avec les écuries qui accueillaient plusieurs chevaux. L’intérieur est toujours en l’état. On voudrait restaurer le “château”, à l’identique. On aimerait débuter les travaux en 2022, ou peut-être avant“.

L’idée du maire est de redynamiser et de développer le tourisme vert, dans le secteur. Il espère relancer l’artisanat, les commerces, mettre en place des itinéraires de promenade. “Ca va se faire“, dit-il avec confiance. Des rendez-vous sont pris avec les décideurs de la Communauté de Communes des Crêtes Préardennaises. Depuis 15 ans déjà, un sentier de randonnée porte le nom de Jean Mermoz. C’est dire si l’aviateur a marqué les Ardennes de son empreinte.

L'assemblée générale de l'association, dans la salle Jean Mermoz à Mainbressy.

L’assemblée générale de l’association, dans la salle Jean Mermoz à Mainbressy.

© Michel Triquet.

Une relance du tourisme

Les idées ne manquent pas pour la mise en valeur de la grosse maison de maître en briques rouges, dont est également construite l’église fortifiée de Rocquigny. Le Président de l’association “Racines de Jean Mermoz” évoque des chambres d’hôtes. Une salle d’exposition permanente retraçant la carrière  de l’aviateur pourrait aussi être ouverte. “Un musée est ouvert, à Aubenton, ville natale de Mermoz, mais il est à l’étroit“, souligne le délégué départemental de la Fondation du Patrimoine, Christian Thullier. Celui-ci suggère d’ailleurs de faire appel au musée de l’air, par exemple, pour récupérer quelques pièces, moteur ou autres, afin d’enrichir ce possible musée.

Jean Mermoz, pour ses exploits accomplis entre la France, l’Afrique, l’Amérique du Sud, à bord d’avions qui étaient loin de pouvoir aligner les performances des aéronefs actuels, a suscité l’admiration partout dans le monde. Des collèges et des lycées portent son nom. Des plaques rappellent ses exploits dans de nombreux lieux à travers le monde. A Rocquigny, dans les Ardennes, on rêve de réhabiliter la maison qu’il avait achetée, et d’y permettre, notamment, de faire connaître aux jeunes générations et aux passionnés d’histoire de l’aéronautique, la carrière d’un pilote aux 8.200 heures de vol.



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